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Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

Le texte est extrait du guide pour le Mois Missionnaire Extraordinaire

(1873-1897)

Thérèse Martin est née à Alençon (France), le 2 janvier 1873, cinquième fille de Louis Martin et Zélie Guérin, canonisés en 2015. Après la mort de sa femme, le 28 août 1877, le père de Thérèse emménage avec ses enfants dans la ville de Lisieux. La petite Thérèse bénéficie de grâces spéciales qui lui permettent de mûrir humainement et spirituellement et qui l’aident à grandir dans la conscience de l’infinie Miséricorde de Dieu, dont la bonté veut se faire connaître à tout homme. Le jour de la Pentecôte de 1883, par l’intercession de Notre-Dame des Victoires, Thérèse reçoit une guérison miraculeuse. L’année suivante, elle fait sa première communion et expérimente la grâce de l’union intime avec le Christ.

Thérèse a à peine quinze ans et elle désire plus que tout rejoindre ses sœurs Pauline et Marie au Carmel de Lisieux pour devenir elle aussi carmélite contemplative. C’est la raison pour laquelle - profitant d’un pèlerinage diocésain à Rome et d’une audience avec le pape Léon XIII - elle demande audacieusement au Saint-Père de la dispenser de l’âge requis pour entrer au Carmel. Après quelques mois d’attente, elle finit par obtenir la permission espérée. Elle entre donc au couvent la même année, en 1888, et prononcera ses vœux deux ans plus tard, le 8 septembre 1890.

Son chemin de sainteté se renforça grâce à une indéfectible confiance en Dieu, même dans les moments de dure épreuve, dont elle témoigne dans les Manuscrits, les Lettres et les Prières. Sa doctrine intérieure se reflète également dans ses poésies et dans les petites pièces de théâtre qu’elle composa pour les récréations de ses sœurs carmélites. Comme collaboratrice de la maîtresse des novices, Thérèse se consacra à transmettre son expérience spirituelle, dont le message est condensé dans « la petite voie de l’enfance spirituelle ». Elle reçut, en outre, la mission d’accompagner par sa prière et son sacrifice deux « frères missionnaires », une occasion pour consolider sa vocation apostolique et missionnaire qui la poussait à entraîner tout le monde avec elle, vers le Seigneur qui avait soif des âmes.

Le 3 avril 1896, durant la nuit du Jeudi au Vendredi Saint, les premiers symptômes de la maladie qui va la conduire à la mort se manifestent. C’est durant cette période de souffrance qu’elle comprend parfaitement sa vocation à l’intérieur de l’Église, tel un cœur brûlant d’amour qui est aimé, aime et fait aimer. En raison de l’aggravation de sa maladie, elle est finalement transférée à l’infirmerie et y meurt le 30 septembre 1897, à l’âge de seulement vingt-quatre ans. Comme elle-même l’écrit dans sa nuit obscure : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie. »

Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face fut canonisée par le pape Pie XI le 17 mai 1925, et fut proclamée deux années plus tard Patronne universelle des missions, avec saint François-Xavier. Le 19 octobre 1997, saint Jean-Paul II la déclarait Docteur de l’Église. Sa fête liturgique est célébrée le 1er octobre.

Dans son Histoire d’une âme, Manuscrit autobiographique C, sainte Thérèse fait mémoire de la force avec laquelle Dieu l’a attirée à une union intime avec Lui : « Seigneur, je le comprends, lorsqu’une âme s’est laissée captiver par l’odeur enivrante de vos parfums, elle ne saurait courir seule, toutes les âmes qu’elle aime sont entraînées à sa suite ; cela se fait sans contrainte, sans effort, c’est une conséquence naturelle de son attraction vers vous. De même qu’un torrent, se jetant avec impétuosité dans l’océan, entraîne après lui tout ce qu’il a rencontré sur son passage, de même, ô mon Jésus, l’âme qui se plonge dans l’océan sans rivage de votre amour, attire avec elle tous les trésors qu’elle possède… Seigneur, vous le savez, je n’ai point d’autres trésors que les âmes qu’il vous a plu d’unir à la mienne »

L’ardeur de sainte Thérèse est enflammée et alimentée par sa vie d’union avec son Seigneur. Elle la puisait dans une prière incessante, dans la méditation de sa Parole, dans les Sacrements et dans la vie fraternelle au monastère. S’il est vrai que la contemplation est la voie qui porte à sa maturité l’authentique sollicitude vis-à-vis de la réalité toute entière, alors l’âme qui devient propriété exclusive de Dieu devient aussi un don de Dieu pour les autres ; son existence, dédiée exclusivement et gratuitement au service de la louange de Dieu, proclame et annonce la primauté de Dieu et la transcendance de toute personne humaine, créée à son image et à sa ressemblance. L’ardeur de cette grande petite sainte s’exprime par sa confiance absolue en Dieu et par son désir de partager avec ses frères les hommes son expérience de rencontre avec Lui, dans une étreinte universelle de communion. Sainte Thérèse considère la confiance en Dieu comme un puissant instrument de conversion. Vivant pour répondre au désir de Jésus d’être aimé, elle désire l’aimer et le faire aimer, répondant à l’amour par l’amour. Le plus grand désir de Thérèse, c’est la sainteté, inséparable du désir de salut pour tous ses frères, avec une attention particulière pour les plus pauvres. L’apostolat des contemplatifs se vit certes derrière les murs clos du monastère - qui délimitent un espace, réservé à l’intimité avec le Seigneur - mais il est lié au cœur du Corps Mystique du Christ, un cœur qui aime et qui transmet l’amour, en permettant à chacun de vivre selon son charisme propre, sa mission individuelle et son identité unique, au service du Royaume.

Seule une vie offerte à Dieu en union avec le sacrifice du Calvaire peut obtenir aux missionnaires la grâce de servir avec fidélité, créativité et énergie, le Seigneur et les frères. La charge pastorale des âmes et le travail missionnaire en tant que tel ne peuvent se passer de cette réalité fondamentale. C’est une fusion entre la vie contemplative et la vie active, qui jaillit dans le cœur de celui ou de celle qui répond à l’appel de Dieu et qui prend une part active dans le Corps Mystique du Christ, lieu où les différents membres développent en harmonie leur mission respective et se soutiennent mutuellement pour obtenir un fruit fécond. C’est ainsi que même un endroit exclusivement réservé à la louange du Seigneur, un monastère de clôture, devient un lieu propice à l’action missionnaire, comme lieu d’intercession et de participation priante et fraternelle aux efforts missionnaires. « Je voudrais en même temps annoncer l’Évangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées… Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l’avoir été depuis la création du monde et l’être jusqu’à la consommation des siècles… Mais je voudrais par-dessus tout, ô mon Bien-Aimé Sauveur, je voudrais verser mon sang pour toi jusqu’à la dernière goutte… Le Martyre, voilà le rêve de ma jeunesse […] car je ne saurais me borner à désirer un genre de martyre… Pour me satisfaire, il me les faudrait tous […] Jésus, si je voulais écrire tous mes désirs, il me faudrait emprunter ton livre de vie, là où sont rapportées les actions de tous les Saints et ces actions, je voudrais les avoir accomplies pour toi » (Histoire d’une âme, Manuscrit B, 334-335).

Thérèse offrait volontiers ses souffrances pour soutenir la vocation et l’œuvre des missionnaires. Elle en expliquait le sens à ses sœurs qui observaient ses efforts, mais qui ne comprenaient pas bien les motivations profondes qui la poussaient à agir ainsi. Thérèse ne s’épargna aucun sacrifice sur terre et son cœur ardent lui faisait même dire qu’elle continuerait à ne pas chercher de repos après la mort, pourvu que ses frères les hommes découvrent l’Amour. C’est cette motivation profonde qui l’unissait encore davantage à son Seigneur.

Dans sa correspondance épistolaire avec ses deux fils spirituels missionnaires, Thérèse soulignait le fait que l’efficacité des armes apostoliques dont ils disposaient ne serait que plus performante si elle y joignait le soutien de la prière et du sacrifice que son âme élevait à Dieu à leur intention. Elle insistait sur la beauté de la Petite Voie, qu’elle parcourut elle-même pour atteindre le Cœur du Seigneur et pour y conduire tous les missionnaires et les âmes qui leur étaient confiées. Dans une de ses prières riche en références bibliques, Thérèse s’adresse à Dieu en ces termes : « Ô mon Jésus ! je vous remercie de combler un de mes plus grands désirs, celui d’avoir un frère, prêtre et apôtre […] Vous le savez, Seigneur, mon unique ambition est de vous faire connaître et aimer, maintenant mon désir sera réalisé ; je ne puis que prier et souffrir, mais l’âme à laquelle vous daignez m’unir par les doux liens de la charité ira combattre dans la plaine pour vous gagner des cœurs et moi, sur la montagne du Carmel, je vous supplierai de lui donner la victoire. Divin Jésus, écoutez la prière que je vous adresse pour celui qui veut être votre Missionnaire, gardez-le au milieu des dangers du monde, faites-lui sentir de plus en plus le néant et la vanité des choses passagères et le bonheur de savoir les mépriser pour votre amour. Que déjà son sublime apostolat s’exerce sur ceux qui l’entourent, qu’il soit un apôtre, digne de votre Cœur Sacré » (Prière de 1895).

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  • Dernière modification: 2019/10/20 06:30
  • par elm31rugby