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Sainte Philippine Duchesne

Philippine DuchesneRose-Philippine Duchesne est née à Grenoble en 1769 et morte dans le Missouri, le 18 novembre 1852. Elle incarne le désir missionnaire tant sa volonté de partir pour évangéliser les indiens était forte.

Elle devient tout d'abord religieuse dans le couvent de la Visitation de sainte Marie d'en Haut, à Grenoble. Mais pendant la Révolution Française, le couvent est fermé, et Philippine repart chez ses parents. Elle continue de s'occuper des pauvres.

Elle entre ensuite dans une nouvelle congrégation religieuse, les Dames du Sacré-Coeur, et retourne au couvent de sainte Marie d'en Haut, qui avait été libéré.

Dès le début, elle exprime le désir de partir en Amérique pour évangéliser les indiens. Mais sa supérieure hésite, et lui demande d'abord de commencer une activité caritative à Paris.

Après quelques temps à Paris, elle insiste, et le 19 mars 1818, elle quitte la France pour les Amériques.

Elle intervient dans plusieurs projets éducatifs. L'apprentissage de l'anglais est difficile pour elle. mais à chaque fois, les prêtres et aumôniers responsables des différentes missions veulent que Philippine soit présente, car sa bonté fait tomber toutes les barrières, ainsi que son intense prière.

Philippine Duchesne est d'abord béatifiée par Pie XII le 12 mai 1940, puis canonisée par Jean-Paul II le 3 juillet 1988.

L'esprit du Seigneur est sur moi “ (Is 61,1).

Revenons à ces paroles d'Isaïe, qui parlent de la mission du Messie.

C'est précisément à ces paroles que Jésus se référa à Nazareth le jour où, à l'âge de trente ans, il commença son service messianique en Israël. “Le Père l'a envoyé” pour porter l'heureuse annonce aux pauvres, pour panser les blessures des cœurs brisés, pour proclamer la liberté des esclaves, la libération des prisonniers, pour promulguer l'année de miséricorde du Seigneur, un jour de vengeance pour notre Dieu (ce jour sera le jour du sacrifice pour les péchés du monde entier) - pour consoler tous ceux qui sont dans le besoin (Is 61, 1-2).

Tout cela, Jésus commença à “faire” et à “enseigner” (cf. Ac 1, 1), annonçant la bonne nouvelle, tout en préparant les disciples pour le jour de son sacrifice pascal.

Il est venu plein de puissance de Dieu. Dieu l'a oint de son Esprit. La prophétie messianique d'Isaïe s'est accomplie aux yeux de cette génération, à qui il a été donné de voir les œuvres et d'écouter les paroles de Jésus de Nazareth.

2. C'est pourquoi le peuple courut vers lui. Non seulement les fils et les filles d'Israël se sont enfuis, mais aussi des étrangers, comme les Grecs, dont parle l’Évangile d'aujourd'hui.

« Nous voulons voir Jésus » (Jn 12, 21).

Ils demandent la médiation des apôtres pour pouvoir voir Jésus. Et puis Jésus donne aux apôtres une réponse, tout d'abord étrange. Il dit : “L'heure est venue de glorifier le Fils de l'homme” (Jn 12, 33). On pourrait penser que cette “glorification” fait référence à la gloire humaine, dont le Christ commençait à s'entourer parmi les siens, même parmi les étrangers. Cependant, Jésus, continuant à parler, indique clairement qu'il a l'intention de se référer non pas à une réputation humaine, mais à la mort. Jésus parle de sa mort en utilisant la parabole du blé : « Si le grain de blé tombé à terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24).

L'exaltation du Christ, le Messie de Dieu, a lieu précisément dans cette mort qui porte du fruit : dans la mort qui donne la vie. Cette exaltation appartient au Mystère pascal qui, au moment opportun, s'accomplira sur le Christ, en Christ et par le Christ.

3. Le mystère pascal, qui constitue le zénith de la mission messianique de Jésus de Nazareth, reste le « paradigme » central du message évangélique.

Jésus dit : « Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui hait sa vie dans ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jn 12,25).

Et il poursuit : « Si quelqu'un veut me servir, suivez-moi, et où je suis, il y aura aussi mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera ». (Jn 12, 26).

C'est le « paradigme » évangélique de la vocation à la sainteté.

La liturgie d'aujourd'hui nous rappelle ces paroles pour que nous puissions regarder à leur lumière les deux candidats, qui sont aujourd'hui élevés aux honneurs des autels, par la canonisation : Simón de Rojas et Rose Philippine Duchesne.

« Si j'en ai besoin, Père l'honorera. »

Dans l'acte d'aujourd'hui, comme dans tout acte de canonisation, l'Église veut qu'il demeure un écho fidèle et sensible de l'amour que les serviteurs et imitateurs du Christ reçoivent en Dieu.

4. Le mystère pascal, paradigme de la vocation à la sainteté, a été le centre de la vie du frère Simon de Rojas, illustre religieux de l'Ordre de la Très Sainte Trinité, qui est aujourd'hui élevé à l'honneur des autels. Il a fait siennes les paroles du Christ que nous avons entendues dans l'Évangile : « Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui hait sa vie dans ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jn 12, 25).

Saint Simon de Rojas a donné tout son sens à sa vie, comme chrétien et comme prêtre, en contemplant le mystère de l'amour de Dieu.

Fidèle au charisme rédempteur et miséricordieux de son ordre, le « Père Rojas » - comme l'appelait familièrement le peuple - était très sensible aux besoins de son prochain, surtout des plus pauvres et des plus marginalisés, ainsi que des chrétiens emprisonnés pour leur foi. Les pauvres, pour leur part, voyaient en lui le protecteur, le défenseur et le père. Ils ont vu en lui un témoignage si visible et concret de la pauvreté qu'ils l'ont considéré comme l'un d'entre eux, totalement assimilé à leurs souffrances et à leurs besoins.

Il a travaillé sans relâche pour que la Congrégation des Serviteurs du Très Doux Nom de Marie, fondée par lui, puisse intensifier de plus en plus son activité sociale et caritative. Ses membres, pour la plupart séculiers, se sont engagés à partager les biens et à aider les pauvres.

Le zèle sacerdotal infatigable du nouveau saint mérite d'être souligné. Mais son activité apostolique énergique et continue n'a jamais entravé sa vie de prière contemplative, à laquelle il a consacré « beaucoup de temps pendant le jour et aussi pendant la nuit, après l'office commun du milieu de la nuit ».

5. Un aspect qu'il faut souligner chez notre saint est, sans aucun doute, l'amour unique et confiant qu'il nourrit depuis son enfance pour la Vierge Marie. Son intense dévotion mariale ne cessait de croître. Aujourd'hui, prêtre et religieux, il continuait à le répandre par tous les moyens auprès de ses proches et de toutes les personnes avec lesquelles il était en contact. Une façon très personnelle de vivre et de répandre cette dévotion était l' « esclavage » ou la relation filiale du saint avec la Mère de Dieu. Sans interruption, il répéta l'invocation et salua « Je vous salue Marie », à tel point que, souvent, on l'appelait gentiment le « Père Je vous salue Marie ». Il a fait connaître la prière du Saint Rosaire.

Le nouveau saint est vraiment pour nous un modèle proche et providentiel de la vie mariale. Il exprima sa volonté d'appartenir à Marie avec l'une de ses éjaculations préférées : « Que je sois, Madame, toute à vous, et je ne crains rien ». La Providence a fait en sorte que sa canonisation soit la dernière de cette année mariale. C'est comme s'il insistait pour que nous acceptions avec gratitude le message si souvent répété par le nouveau saint : « Ne cherchez, ne faites ou ne pensez à rien qui ne soit pas en obéissance à la Vierge ».

Saint Simon de Rojas est apparu devant la société de son temps comme un homme plein de l'Esprit Saint, docile à ses suggestions et profondément évangélique dans tous les moments de son existence : comme un autre Christ !

6. Et l'autre sainte canonisée aujourd'hui, Rose-Philippine Duchesne, qui a vécu sa consécration dans la mission ! Fidèle à une vision qu'elle avait quand elle était jeune femme, Rose Philippine a abandonné la sécurité de sa culture et de sa langue et a commencé à servir l'Église du Christ dans le Nouveau Monde. Elle ne pensait pas à ce qu'elle a laissé, mais à ce qu’on lui a demandé, et surtout à ceux à qui elle a été envoyée.

Toute la vie de Rose-Philippine a été transformée et éclairée par son amour pour le Christ dans l'Eucharistie. Pendant les longues heures qu'elle a passées devant le Saint Sacrement, elle a appris à vivre toujours en présence de Dieu. Elle mettait en lui ses espoirs et ses désirs. Les paroles du Psaume responsorial d'aujourd'hui expriment bien l'intensité de son amour pour le Christ : « Le Seigneur est mon héritage et mon calice : ma vie est entre vos mains » (Ps 16,15), 5).

Avec courage missionnaire, cette pionnière a regardé vers l'avenir avec les yeux de son cœur, un cœur brûlant de l'amour de Dieu. Elle a su voir, au-delà des besoins de la France post-révolutionnaire, les besoins du nouveau monde de son temps. Il a pris sur lui l'invitation de l’Évangile « allez enseigner toutes les nations », rappelant que l'appel à la sainteté est universel et ne connaît pas de frontières de nations, de systèmes politiques, de cultures ou de races.

7. Nourrie dans le culte ardent de la Sainte Eucharistie, Rose-Philippine Duchesne s'est sentie irrésistiblement émue envers les enfants pauvres, les familles pauvres. Pour les aider et les éduquer, elle a généreusement passé les trente-quatre dernières années de sa vie dans cette région du Middle West. Il fit aussi une tentative fructueuse d'apostolat parmi les Indiens. Obstruée par la barrière de la langue, elle a réussi à apporter à ces pauvres gens quelque chose de la tendresse de Dieu, par son être et son comportement. Les biens matériels, même s'ils étaient insuffisants, qu'elle avait collectés, étaient toujours distribués. Elle aurait souhaité que les cœurs des riches s'ouvrent plus largement, afin qu'ils puissent vivre plus simplement.

L'engagement radical de Mère Duchesne envers les pauvres et les marginalisés est une source d'inspiration vivante pour sa Congrégation, comme pour tous les religieux d'aujourd'hui. Son exemple, tout à fait hors du commun, est valable pour tous les disciples du Christ, en particulier ceux qui vivent dans les régions riches du monde. Oh oui, que plus de chrétiens se laissent remplir et enflammer pour le service des pauvres, ceux du quart monde ! Disciples du Christ qui s'engagent à plein temps. Les plus nombreux sont ceux qui ont la possibilité et le devoir de participer à des activités sociales et caritatives locales, paroissiales ou diocésaines. Ils attendent souvent la généreuse contribution de beaucoup de gens.

8. Rose-Philippine Duchesne et Simón de Rojas ! …. En regardant leur profil spirituel, nous trouvons une confirmation des paroles de Paul sur « l'amour du Christ » qui nous « pousse » (cf. 2 Co 5, 14).

L'amour du Christ pousse le nouveau saint et la nouvelle sainte : car il est « mort pour tous ». (cf. 2 Co 5, 14), alors en lui tous doivent découvrir cette partie du mystère du blé évangélique qui appartient à chacun : le blé qui meurt pour porter du fruit.

L'Apôtre écrit : « Le Christ est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent pas pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux » (cf. 2 Co 5, 15).

Pas pour eux-mêmes, mais pour « les autres », pour « les frères et sœurs », pour proches et lointains, pour tous. Tel est le « paradigme » évangélique de la sainteté.

Et donc : « Si quelqu'un est en Christ, il est une créature nouvelle ; les choses anciennes sont passées, voici, de nouvelles choses naissent » (cf. 2 Co 5, 17).

Aujourd'hui, dans le contexte de la communion des saints, l'Église accueille le mystère de la « nouvelle créature ». Grâce à ceux qui ont réalisé la vocation évangélique à la sainteté, nous vivons dans l'espérance. Et notre « espérance est pleine d'immortalité » (Sg 3,4).

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  • Dernière modification: 2019/11/18 16:17
  • par elm31rugby